L'USDT fait son retour natif sur Bitcoin via le protocole RGB
Tether réactive son stablecoin directement sur Bitcoin en 2025 grâce au protocole RGB, contournant les limitations historiques de la blockchain.
Après une décennie d'absence, le plus grand stablecoin du marché s'apprête à rétablir sa présence native sur Bitcoin. L'USDT, qui représente actuellement une capitalisation de 184 milliards de dollars USD (149 milliards CHF), revient via une infrastructure techniquement différente de ses origines.
Pourquoi Bitcoin avait abandonné l'USDT
Entre 2014 et le début des années 2020, Tether opérait déjà l'USDT sur Bitcoin par le biais du protocole Omni-Mastercoin. Cette couche technique s'était progressivement révélée inadaptée : les transactions demeuraient lentes et les frais élevés, directement liés aux contraintes du réseau Bitcoin. Le marché a donc migré massivement vers Tron, blockchain alternative offrant des transactions rapides et quasi-gratuites. Pendant une décennie, l'écrasante majorité des volumes d'USDT ont transité par Tron plutôt que Bitcoin.
RGB : une approche radicalement différente
Cette fois, Tether n'essaie pas de surcharger la blockchain. Le protocole RGB fonctionne selon un principe inédit : Bitcoin sert uniquement de couche de sécurité, tandis que les données du stablecoin restent en dehors de la blockchain publique. Les tokens se lient directement aux UTXO, ces fractions de bitcoins non dépensées qui garantissent la propriété cryptographique.
Contrairement à Ethereum ou Tron, où chaque nœud valide publiquement chaque transaction, RGB impose une validation côté client. Le portefeuille du destinataire vérifie automatiquement l'historique des données en arrière-plan, sans encombrer le registre public. Cette architecture offre un avantage secondaire appréciable : les détails des flux restent confidentiels entre les deux parties, Bitcoin enregistrant uniquement la preuve cryptographique.
Un mécanisme de transfert simplifié mais exigeant
Recevoir de l'USDT natif sur Bitcoin implique trois étapes distinctes. Le destinataire génère d'abord une URL spécifique, appelée invoice, qui remplace l'adresse classique. L'expéditeur sélectionne ensuite cette invoice ; le portefeuille génère automatiquement un fichier appelé consignment contenant les preuves de propriété antérieures du token. Enfin, le portefeuille de réception télécharge ce fichier pour valider localement la transaction.
Cette approche impose une contrainte : les portefeuilles Bitcoin classiques ne peuvent ni générer cette URL, ni interpréter le fichier de validation. Seuls les portefeuilles compatibles RGB permettent ces transferts, ce qui implique une phase d'adoption progressive chez les prestataires.
Pourquoi cela change la donne
Pour les utilisateurs suisses et européens, trois éléments méritent attention. Premièrement, ce retour offre une alternative aux volumes concentrés sur Tron, répartissant les risques de liquidité. Deuxièmement, les transferts via RGB garantissent davantage de confidentialité, car les détails n'apparaissent jamais publiquement. Troisièmement, l'intégration future avec Lightning Network pourrait permettre des paiements quasi-instantanés tout en conservant la sécurité de Bitcoin.
La société UTEXO gère le déploiement technique et fournit les interfaces pour que les plateformes d'échange adoptent progressivement l'infrastructure. La phase publique devrait intervenir dans les semaines à venir, Lightning venant ultérieurement.
Source : Journal du Coin
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